[Cet article fait partie de la série réflexions du lundi qui retrace en partie comment le culte, vécu la veille, a travaillé en moi. Ce n’est pas une retranscription ni de la prédication, ni des textes lus, mais plutôt le cheminement que certaines bribes ont tracé en moi. J’espère que ces courtes méditations vous donneront envie d’approfondir les textes qui sont lus le dimanche dans vos Églises.]
En ce moment, notre Église parcourt, aux moyens de prédications textuelles suivies, le livre de la Genèse. Nous sommes actuellement au chapitre 22 où nous lisons ceci :
Après cela, Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui dit: «Abraham!» Celui-ci répondit: «Me voici!» Dieu dit: «Prends ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac. Va-t’en au pays de Morija et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je t’indiquerai.»
La Bible, Genèse 22.1-2
L’épreuve d’Abraham, bien que non reproductible dans sa forme et dans l’histoire de la rédemption, reflète ce que Dieu demande en essence à ceux qui croient en lui. « M’aimes-tu pour qui je suis ou pour ce que je te donne ? »
Dieu est-il plus précieux pour moi que ce que je reçois de sa main ?
Est-ce que je connais Dieu pour qui il est ou bien est-ce que ses dons sont plus tangibles que sa personne ?
Pour Abraham, cette question ressemble un peu à celle-ci : l’enfant de la promesse divine, ce don de Dieu, ne se tient-il pas entre toi et ton Dieu ?
*
Je suis repartie du culte avec cette question : qu’est-ce qui se tient entre Dieu et moi, qu’est-ce qui fait obstacle à ma relation à Dieu ? En un mot — un gros mot — quelles sont mes idoles ?
L’histoire d’Abraham me fait tout de suite penser à mes enfants — peut-être aussi parce que je suis maman… Eux aussi sont des dons de Dieu, confiés à nos soins…
Et puis, il y a les dons matériels : quelle bénédiction que de vivre dans un pays riche, d’avoir un logement, du chauffage, d’avoir à manger…
Et les dons immatériels : être en bonne santé, avoir des amis, pour voir aller à l’Église…
Je pense à ces belles et bonnes choses que Dieu me donne en me demandant comment je réagirais si je devais les perdre.
Et j’imagine cette scène devant moi, comme matérialisée : moi, mon Isaac et Dieu. Qu’est-ce qui m’empêche de regarder à Dieu, de voir Dieu pour qui il est ?
Isaac se retourne et je vois son visage.
*
Isaac se retourne.
Arrêt sur image. Arrêt sur visage.
Isaac se retourne et je vois qu’il me ressemble. Il porte mon visage.
À nouveau, je prends conscience que je suis mon plus grand obstacle entre Dieu et moi : mon envie d’être moi, mon désir d’autonomie, mon orgueil, cette envie d’accomplir quelque chose d’important, d’être quelqu’un.
Alors, je veux revenir à Dieu et me souvenir, que Dieu n’a pas arrêté sa main au dernier moment, mais qu’il, mais a été jusqu’à offrir son propre fils unique. Il l’a fait pour que je puisse saisir que ma valeur n’est pas dans ce que j’accomplis, mais dans ce qu’il a accompli pour moi. Je veux me rappeler que je ne peux être pleinement moi-même que dans ma dépendance à Jésus.
Et cette prière : Père, viens me sauver de moi-même !
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