[Cet article fait partie de la série réflexions du lundi qui retrace en partie comment le culte, vécu la veille, a travaillé en moi. Ce n’est pas une retranscription ni de la prédication, ni des textes lus, mais plutôt le cheminement que certaines bribes ont tracé en moi. J’espère que ces courtes méditations vous donneront envie d’approfondir les textes qui sont lus le dimanche dans vos Églises.]


Dimanche dernier nous avons lu dans l’évangile de Luc tout le passage depuis l’arrestation de Jésus jusqu’à sa crucifixion (Luc 22.47-23.56). Ce temps de lecture et de méditations autour de ces textes essentiels a été très simple et pourtant très profond.

Des portraits vivants

Il y a les acteurs du complot : Judas et son baiser, les chefs des prêtres, les gardes du temple, Hérode et Pilate devenus amis, les soldats romains qui insultent et frappent Jésus, une foule qui crie.
Il y a les victimes : les disciples qui fuient, Pierre qui renie son maître.
Il y a ceux qui sortent leur épingle du jeu contre toute attente : Barrabas qui obtient une libération inespérée.

Il y a Jésus : il n’est pas pris au dépourvu ou par surprise. Il ne subit pas ; il guérit un soldat blessé, donne une parole aux femmes de Jérusalem ou garde le silence devant Hérode. Il choisit de mourir. Il donne sa vie. Il semble être au contrôle des évènements sachant quoi dire et quand le dire.

Un nouveau peuple

Et puis, il y a ceux qui se trouvent sur le chemin de croix, par hasard, par obligation ou par choix et qui reconnaissent en Jésus le Messie, le Fils de Dieu, le Roi. Cet étonnant groupe de personnes réunies autour de la personne de Christ est très hétéroclite.
Il y a un riche notable africain, un voleur agonisant, quelques femmes juives, un centurion romain, un pharisien très en vue qui risque sa renommée pour ensevelir Jésus.

À la croix, Jésus se constitue un nouveau peuple. Un peuple qui n’est uni qu’en la personne de Jésus. Un peuple issu de toutes les nations et de toutes les couches sociales. Aucune barrière ne tient plus, ils sont ensemble parce qu’ils croient.

Attendre

De tous, c’est l’exemple de Joseph d’Arimathée qui me touche le plus. Luc le décrit comme un de ceux qui « attendaient le royaume de Dieu ». L’évangéliste a déjà utilisé cette idée de l’attente pour décrire Siméon ou encore Anne, la prophétesse, lors de la présentation au temple de Jésus bébé (Luc 2.25,38).

Joseph attendait… et en attendant, il a vécu et vieilli. Il a siégé parmi les conseillers du peuple, il a participé à diriger le peuple. Il attendait. Mais quand le moment s’est présenté : il a agi. Il a su montrer son désaccord avec les dirigeants qui souhaiter voir condamner Jésus. Puis, il a décidé de prendre soin du corps de Jésus. Pour faire cela, il a risqué sa réputation, voire sa vie. Lui, il n’a pas peur de se rendre impur en touchant le corps-mort de Jésus. Il ne pourra pas célébrer la Pâque juive avec les siens : il est rituellement impur. Joseph a su voir que les rituels pointaient vers quelque chose de plus grand : seul Jésus pouvait rendre pur.

Joseph a su renoncer à ce qu’il avait : renommée, argent, statut… car il a vu en Jésus son trésor. Et cela, il l’a vu cela dans le corps d’un homme mort, crucifié parmi des brigands.

Joseph attendait la venue d’un royaume et il a su en voir l’inauguration dans la mort du Roi, un roi couronné d’épines, moqué et élevé sur une croix. Quelle foi extraordinaire !