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Le Dieu prodigue, Revenir au cœur de la foi chrétienne, Tim Keller, 2008

Mon point de vue :

Comme un thème peut avoir plusieurs variations, la parabole du fils prodigue continue de peupler presque musicalement mes méditations. Après l’ouvrage de Nouwen, j’ai décidé de relire un court texte, découvert il y a déjà quelques années. Il retrace l’histoire intemporelle de ces deux fils, un cadet et un ainé. Il est d’ailleurs remarquable que le cadet occupe la première et la plus grande place de l’histoire.

Tim Keller fait, comme toujours, un travail tout à la fois profond et méthodique, amenant son lecteur à éplucher, non seulement le texte biblique, mais aussi sa propre âme, l’un entrant en résonance avec l’autre. Le ton toujours doux sans être paternel rassurera le lecteur sur les intentions de l’auteur. Loin d’être confrontant, Keller semble plutôt vouloir offrir une vision de Dieu différente de celle à laquelle le lecteur occidental est habitué.

L’auteur ne se prend pas pour un guide qui serait devant, houspillant le lecteur d’avancer ou un chef d’orchestre corrigeant le musicien. Il se place plutôt au côté du lecteur, s’incluant dans les constats qu’il fait concernant nos habitudes, nos manières de penser, nos conceptions du monde. Il démontre avec facilité que les deux fils ont choisi, l’un comme l’autre, une manière de vivre qui les tient éloignés de Dieu. Fervent partisan de la troisième voie, Keller, comme Jésus d’ailleurs, les renvoie dos à dos et offre au lecteur une meilleure compréhension de ce qu’est la grâce couteuse de Dieu, celle dont s’était déjà fait l’écho Bonhoeffer, fustigeant notre vision souvent erronée qui prône une grâce « bon marché ».

Keller présente bon nombre d’éléments sur le contexte historique et culturel de la parabole des deux fils. Accessible, logique, mais aussi ludique, le livre offre régulièrement anecdotes, illustrations, références filmographiques ou témoignages qui permettent d’illustrer utilement le propos et de rythmer le texte. Comme souvent chez Keller, on pourra les trouver trop terre à terre et, parce qu’ils s’ancrent souvent dans la culture populaire américaine, difficilement transposables pour le lecteur français.

La force du livre réside dans la capacité de l’auteur à offrir une lecture cosmique du texte biblique qui englobe et transmet tout l’Évangile. Ce n’est pas seulement le lecteur qui est dévoilé, mais aussi Dieu et son plan de salut. Un livre à lire pour mieux comprendre l’extraordinaire libéralité de Dieu à notre égard et saisir à nouveau le rôle de Jésus en tant que véritable frère ainé.

Tout le monde sait que l’Évangile nous appelle à renoncer à une vie dissolue, mais rares sont ceux qui comprennent qu’il condamne aussi le moralisme.

page 64

Références

Le Dieu Prodigue
Revenir au cœur de la foi chrétienne.
Timothy Keller
2008
Traduit par Aline Neuhauser
Éditions Maison de la Bible
3è édition 2013
117 pages

Mais Dieu…

[Cet article fait partie de la série réflexions du lundi qui retrace en partie comment le culte, vécu la veille, a travaillé en moi. Ce n’est pas une retranscription ni de la prédication, ni des textes lus, mais plutôt le cheminement que certaines bribes ont tracé en moi. J’espère que ces courtes méditations vous donneront envie d’approfondir les textes qui sont lus le dimanche dans vos Églises.]


Ce dimanche de Pâques, la résurrection de Jésus a été dépeinte à nouveau devant nos yeux. Les textes lus, les chants entonnés ou les scènes dessinées par les enfants nous ont encore émerveillés : oui, notre Dieu est tout puissant pour nous sauver ! Il nous a fait passer du royaume des ténèbres à son admirable lumière. Cette opposition entre l’ombre et la clarté parle de nous : d’où nous venons et où nous sommes à présent. Elle indique le fossé qu’il y entre ces deux positions : le noir et le blanc sont toujours autant éloignés l’un de l’autre ; impossible d’être dans la lumière et dans les ténèbres simultanément.

Et pourtant, quelque chose (ou plutôt quelqu’un) m’a permis de traverser des ténèbres à la lumière. Plusieurs textes de la Bible se font l’écho de cette opposition, marquée par un petit mot de liaison. Un mot en forme de croix. Un mot qui relie, mais qui marque la rupture.

MAIS

Nous étions destinés à la mort, MAIS Dieu, par la mort de Jésus, nous donne accès à la vie éternelle.

En effet, le salaire du péché, c’est la mort, mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur.

Romains 6.23 — s21

En effet, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle.

Jean 3.16 — S21

Nous aurions dû subir la colère de Dieu, MAIS Dieu la fait retomber sur Jésus.

[…] notre conduite était dictée par les désirs de notre nature propre, puisque nous accomplissions les volontés de la nature humaine et de nos pensées, et nous étions, par notre condition même, destinés à la colère, tout comme les autres. mais Dieu est riche en compassion. A cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts en raison de nos fautes, il nous a rendus à la vie avec Christ — c’est par grâce que vous êtes sauvés

Ephésiens 2.3-5 — S21

Nous ne pouvions nous sauver nous-mêmes, MAIS Dieu l’a fait pour nous par Jésus.

Jésus les regarda et leur dit : « Aux hommes cela est impossible, mais à Dieu tout est possible. »

Matthieu 19.26 — S21

Nous aurions dû être jugés, mais Dieu, en Jésus, nous déclare justes ; nous faisant passer de la vie à la mort.

En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et qui croit à celui qui m’a envoyé a la vie éternelle ; il ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.

Jean 5.24 — s21

Nous étions esclaves, MAIS Dieu nous a délivrés et a fait de nous ses fils, ses héritiers.

Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils ; et si tu es fils, tu es aussi héritier de Dieu par Christ.

Galates 4.7 — s21

Nous étions égarés et perdus, MAIS Dieu nous a rassemblés et nous a donné un bon berger.

Vous étiez en effet comme des brebis égarées, mais maintenant vous êtes retournés vers le berger et le protecteur de votre âme.

1 Pierre 2.25 — s21

MAIS DIEU…

Ce « mais » relie notre condition initiale — mortelle, esclave, condamnée, égarée, ténébreuse… — à ce que Dieu a fait à notre égard.
Ce « mais » manifeste que Dieu est à l’initiative de notre salut. Une initiative qui passe par le don et le sacrifice de Jésus.

Un « mais » en forme de croix qui rappelle que ce salut n’est pas une grâce à bon marché, mais qu’elle a un coût immense, pour l’auteur de notre salut.

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