J’ai pour coutume de dire que j’essaie de faire rimer la vie. Il suffit d’un prénom, d’un métier et d’une passion — l’écriture : Miryam, sage-femme et calligramme.

Maman de deux garçons, j’ai décidé d’allier écriture et foi : une façon de regarder mon quotidien avec les lunettes de la foi, de prendre le recul qu’offre celle-ci et de construire mon tas de sel, mon mulon.

Marais salants

Une immersion pendant une année en Vendée m’a permis d’admirer les marais salants, les paludiers et leur danse si caractéristique. Un monticule de sel après l’autre et l’horizon se dessine. Dans chaque tas salé, des milliers de grains de sel.

Le grain de sel n’est en réalité jamais seul. Il vit en collectivité dans les mers, les déserts, les cristaux ou la salière. Il n’y a qu’en français qu’on arrive à l’isoler pour assaisonner nos conversations.

Sel de la terre

Le va-et-vient du palud sur l’eau calme des œillets ressemble au mouvement de la navette sur le métier à tisser. Un grain après l’autre, un fil après l’autre et le tas de sel se monte, et la tapisserie se tisse.
Et si comme Ariane, nous suivons le fil depuis le début, d’un bout à l’autre de la Bible, des grains de sel parsèment le texte, nous emmenant de la Genèse jusqu’au temps de Jésus et des apôtres.

Cette parole célèbre, qui fait des disciples de Jésus « le sel de la terre », loin d’être pesante, est libératrice. Elle est identité et identité collective. Le pouvoir salant d’un grain de sel est bien limité ! Être sel ensemble, voilà ce à quoi sont appelés ceux qui marchent à la suite de Jésus.
Ce blog est simplement un moyen de raconter autour de moi, les défis et les joies qui font ma vie pour encourager d’autres dans cette démarche.

Comme les fruits, le sel se récolte.
De cette image est née l’envie de récolter les grains de sel qui poussent dans mon quotidien de femme, d’épouse, de maman, de sage-femme et d’autres choses encore… et de laisser son pouvoir salant infuser dans ma vie et diffuser dans la vie d’autres.

Savoir voir le sel

Saviez-vous que l’eau de la mer Méditerranéen est plus salée que celle de l’océan Atlantique ? Mais c’est dans l’œillet du marais salant que la teneur en sel est décuplée. Et pourtant, là non plus, le sel n’est pas visible. Comme le paludier, je veux ramener à la surface de ma vie, au monde visible, ce qui est précieux et pourtant encore caché. C’est une manière de me rappeler que, même quand l’eau est trouble, quand les circonstances sont difficiles et que l’espoir est tenu, la bonté de Dieu est comme le sel : elle abonde dans ma vie, sans que parfois je ne sache la voir.

Sans aller jusqu’à dire que le sel ou sa fleur se cultive, je vois bien qu’il me serait possible d’être plus active dans sa récolte. Je pourrais faire des bassins, ouvrir des étiers, me procurer des lousses et des paluds… Être paludiers, c’est avant tout un état d’esprit. C’est apprendre à regarder aux choses de la vie pour y discerner ce qui fait sa saveur — la présence de Dieu à mes côtés.

Ce blog c’est aussi une invitation à vous faire paludiers !